"La pauvreté n'est pas qu'un manque matériel. / Elle est aussi ailleurs. / C'est la non-reconnaissance de l'homme / Dans sa dignité d'être humain."

"Dans un centre de jour pour personnes sans domicile fixe / Où je fus un temps bénévole, / Nous avions mis à la disposition des accueillis / Un Livre d'Or. / J'ai eu l'occasion d'apposer ma plume. / Par curiosité, / Je l'ouvris de nouveau et, / Ô Surprise, / Je constatais que seuls / Les bénévoles avaient laissé leurs traces. / Et les "souffre-misères"? / Est-il possible pour eux de "dire" des mots/maux?"

"Page blanche, stérile, / Ou écriture invisible? / Où chercher l'espoir d'un mot / Où se liraient toutes les couleurs du monde? / Et leur nuance, leur texture?"

"La fragilité d'un artiste lorsque sa création se déploie aux regards. / Quels émois va-t-elle susciter? / L'élévation, la passion ou l'effondrement? / Quels troubles ces émois vont-ils susciter chez l'artiste? / L'ouverture ou l'enfermement?"

"Parfois, je pense à votre sculpture qui représente un arbre portant des clefs. / La réflexion qui m'est venue à l'esprit est que si l'on reste au pied de l'arbre, / Les branches sont parfois si hautes qu'on ne peut en saisir les clefs. / Par contre, si l'on grimpe à l'arbre, sur une branche, alors il y a la possibilité de saisir / Les clefs qui ouvrent les portes pour continuer le chemin."

"Tout ce symbolisme dans ses oeuvres, / L'absence, le vide, / La lucidité, l'anti-conformisme, / Le regard ou le non-regard, / L'overdose d'amour, / La haine aussi. / Tout ça me ressemble."

"S'éclipser, / Se faire la plus discrète possible."

"La coupe de l'absence est pleine / Elle se déverse sur la scène."

Pensées écrites en 2005.